Hasta luego los Andes (1/2)

Toulouse, par temps gris et humide, novembre 2016

21 avril- 28 mai 2016

Du retard, du retard dans la rédaction des derniers articles qui devaient clôturer lasellerit… Peu ou pas d’excuse mais un désir évident, malgré les nombreuses semaines mois qui ont filé à vive allure depuis notre retour d’écrire la fin de l’aventure… Quoiqu’il en soit, le dernier article sur notre périple sur le continent américain est là… Bonne lecture et mille excuses…
Ah Huancavelica… Sa sublime cathédrale sur une place des armes toute coquette, ses bains chauds, ses vestiges incas, tant de merveilles que nous n’avons pas vues! En effet, bien que nous soyons restés plus de trois jours dans cette petite ville, la chambre de l’auberge fut notre seul repaire! La fatigue accumulée sur le début de Peru’s Great Divide (PGD), l’envie d’être comme des ermites, asociaux, à s’enfouir sous les draps en regardant des vidéos (d’un point de vue extérieur, j’ai bien conscience que nous ressemblons à de vrais ours) a justifié un temps soit peu notre isolement à la Portada… Nous l’ignorions à ce moment là, mais ce repos prolongé ne fut pas de trop devant la suite du programme qui s’annonçait ardue pour nos jambes et pour nos poumons!

En effet, en quittant Huancavelica le 21 avril, nous devions débuter la section la plus difficile de PGD qui devait nous mener jusqu’à la Carretera Central.

La première journée fut à l’image de la suite, difficile et exigeante. En effet, nous nous sommes élevés de plus de 1000m pour atteindre l’Abra Llamaorgo… Le résonnement de nos toux sèches désagréables et incessantes liées à l’effort brutal sur une pente raide et à haute altitude était audible de toute part. La descente dans le canyon de San Miguel vers Viñas a toutefois permis d’apaiser quelque peu ces râles peu appréciables. Après une nuit sous les arches de la municipalité nous ayant permis d’éviter l’orage de fin de soirée, nous sommes repartis pour affronter la deuxième cloche de la trace… Une côte dont la raideur n’avait rien à envier à la montée de la veille nous a menés ainsi vers un nouveau paso puis à Acombabilla, petit village situé au creux d’une vallée où nous nous sommes attablés pour nous sustenter avant le dernier effort de la journée. Un ouvrier est venu se joindre à nous pour le repas, nous indiquant que la montée qui nous attendait n’était qu’une subidita et qu’il n’était pas nécessaire que nous nous inquiétions… Les suffixes -Ita ou -Ito si fréquemment utilisés au Pérou commençaient toutefois à nous agacer sérieusement, en particulier en raison d’un usage peu approprié dans la majorité des cas… Cette subidITA en effet fut l’une des pires montées de la trace, pour ma part en tous les cas… 700m de dénivelé en 9 kilomètres, pas un seul mètre de plat pour se reposer, plus de 2 kilomètres à pousser le vélo et à se demander pourquoi, pourquoi avoir fait ce choix que de suivre les Pikes, des crises de larmes seule et un ciel très sombre pour couronner le tout. En somme, le suffixe était en totale inadéquation avec la côte… J’ai toutefois réussi à rejoindre Vincent, gentiment venu m’aider pour les derniers mètres pendant que David sympathisait avec Felipe, un éleveur de lamas et de brebis, vivant à 4550m d’altitude, dans une hutte toute exiguë. Quel courage manifestait cet homme de vivre dans ce lieu si reculé dans un isolement majeur. Bien qu’il jouissait d’un paysage à couper le souffle en sortant de sa maison au toit en paille chaque matin, ses conditions de vie étaient d’une rudesse majeure. Il nous a ainsi confié qu’il prenait « une semaine » de vacances par an afin de se rendre à Huancayo! Incroyable. La pluie a rapidement fait son apparition, nous pressant ainsi pour nous abriter sous la tente afin de visionner le film culte de Vincent avec les deux compères Depardieu et Dewaere!

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Le lendemain, pour la première fois depuis le début de la trace, nous sommes restés sur les hauteurs, oscillant sur les crêtes, sous un ciel bleu, découvrant ainsi des lacs bleutés magnifiques à chaque virage… Les sommets se reflétant dans l’eau et les plateaux dorés évoquaient avec joie les si beaux paysages traversés lors de notre tour du Thabor dans les Hautes-Alpes avec Mathilde et Maxime.

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La fin de journée, marquée par la descente vers la mine de Don Mario fut incroyable… Nous évoluions dans un univers doré mais étrangement humide au milieu de courts arbustes sous la lumière rasante du crépuscule… Nous étions encore une fois seuls et n’aurions pas été surpris d’apercevoir un puma guettant sa proie… Nous avons ainsi gagné la mine au sein de laquelle les mineurs nous ont gentiment offert l’hospitalité… En prime, deux des chefs nous ont offert une promenade nocturne en pick-up sous-terre, au-cours de laquelle nous avons emprunté un tunnel qui nous a mené deux kilomètres plus bas, au plus près de l’eau qui avait infiltré les galeries.

Le lendemain matin, après une bonne nuit de repos, sur un matelas bien confortable et un plat de riz aux légumes préparés par le cuisinier de la mine en guise de petit-déjeuner, nous avons poursuivi notre route, gâtés par un temps magnifique. Nous devions franchir ce jour là un col à 4990m et étrangement, nous ne progressions que peu en terme de dénivelé. Après avoir laissé un village aux maisons en torchis et un lac des plus sublimes derrière nous, la difficulté de la journée nous a sauté aux yeux… Un magnifique Z dont la diagonale effrayait furieusement se dressait devant nous, surmonté de pierriers aux pentes raides… Nous étions au pied du mur… Le franchissement se fit toutefois lentement sans trop de douleur… Je pensais, à tort, que le mal était fini mais un virage en aveugle en montagne cache toujours des surprises: un magnifique lac d’un bleu roi s’est présenté à nous. Nous étions au royaume des pierres, nulle végétation n’osait s’épanouir dans ce monde aride et rocailleux… Le col n’était toujours pas en vue, la pente ne faiblissait pas bien au contraire… Elle devenait de plus en plus inhumaine, de plus en plus ingrate me laissant démunie avec mon questionnement existentiel du moment: Mais pourquoi suis-je ici… Or, la réponse est arrivée assez rapidement lorsque j’ai fini par franchir ce col, au terme de poussage et de nombreuses larmes. Le panorama au sommet était à couper le souffle, les sommets blancs des lointaines Cordillères Huayhuash et Blanca trônaient à l’horizon, des lacs s’étendaient à perte de vue et les montagnes tout près de nous étaient élégamment découpées par de nobles et imposantes crêtes… Pas un bruit artificiel au sommet, seulement trois compères hébétés par tant de beauté!

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Après avoir dégusté une bonne semoule au sommet, nous attendait une descente de folie (figurant au Top 3 des descentes pour Vincent)… En seulement 5 kilomètres, nous avions perdu 500 mètres de dénivelé, pour plonger dans une vallée lumineuse, dorée et parsemée de lacs aux eaux turquoises. Nous avons ainsi atteint Larraos, sublime village construit sur les hauteurs d’une jolie retenue d’eau, après avoir dévalé les pentes rocailleuses du canyon de Sutno… Ce soir-là, nous dormîmes à l’auberge de Larraos, pour quelques poignées de sols, profitant ainsi de la douche chaude, bien nécessaire encore une fois.

Le lendemain, après avoir poursuivi la descente jusqu’au fond de la vallée à 2900m d’altitude (les montagnes russes, encore et toujours…), l’environnement époustouflant de beauté gommait sans difficulté la dureté du relief. Tout en longeant la rivière, nous grimpions pour découvrir des lacs plus beaux les uns que les autres, notamment la laguna Piquecocha d’un vert d’eau magnifique.

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Nous avons ainsi atteint Huancaya, où le tourisme battait son plein, fait inhabituel pour nous sur ces sections montagneuses péruviennes. L’eau de la rivière voguait sur des terrasses de rochers polis rappelant Mammot hot Springs dans le Montana au sein du célèbre parc Yellowstone… Tout simplement magique… Une dégustation de la célèbre trucha s’est imposée d’elle même, en bord de rivière, copieusement arrosée de mayonnaise par les garçons.

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Le ventre plein aidant, nous avons pris notre courage à deux mains, enfin, nous avons surtout fait confiance à nos cuisses pour nous rendre à Vilca, le point final de la journée… Encore une fois, la toile de fond composé d’une succession de lacs se déversant les uns dans les autres, tels les lacs de Plitvisce en Croatie a eu raison de notre douleur!

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Vilca toutefois, atteint à l’orée de la journée, nous surprit quelques peu: le village semblait endormi, dénué de vie et d’agitation… Les quelques passants croisés étaient fuyants et peu curieux, fait inhabituel dans ces contrées montagneuses… La municipalité relativement désaffectée fut notre domicile pour la nuit, en catimini toutefois, du fait de l’absence de consentement fourni par les rares habitants croisés…

Une journée de repos à Vilca s’est imposée le lendemain, lorsque que le jour a fait son apparition rendant les lieux bien moins hostiles que la veille… Nous avons dormi dans une petite auberge, située en bord de rivière, tout près du fameux pont à 3 arches. Prendre notre temps pour nous imprégner des lieux, pour écrire et pour nous reposer, tel était notre credo, en ces jours qui nous rapprochaient inéluctablement du retour.

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Nous étions donc reposés pour entreprendre le passage ardu du lendemain, entre Vilca et Tanta: un single track de 7,5 km, longeant le rio Canete aux eaux bleu canard, où Vincent fut bien le plus habile d’entre nous, à voguer entre les rochers, à feinter la boue omniprésente mêlée à d’autres excréments et un fort dénivelé… La légèreté du vélo était l’une des clés pour franchir les obstacles sans trop de difficultés, n’est-ce pas David! Une récompense nous attendait toutefois quelques mètres après la fin du single, des bains thermaux soufrés permettant ainsi de laver nos gambettes dont la fraîcheur n’était plus au rendez vous depuis longtemps.

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L’arrivée à Tanta a fini de nous réjouir, initiée par l’incroyable vue sur le lac Pancarcocha surplombé de sommets enneigés, entouré de lamas qui broutaient l’herbe tendre. L’hospitalité encore une fois opéra ce soir là, nous dormîmes à la municipalité fort accueillante du village. Fait notable dans chacun de ces petits villages traversés depuis quelques jours, les femmes revêtent toutes à la nuit tombée d’élégants châles en laine d’alpaga tissée en guise de cape, les motifs variant au grès des villages. J’avais par ailleurs craqué en achetant une cape à notre hôtesse à Vilca…

La fin de la section 3 de PGD approchait mais aucune amélioration en terme de dénivelé n’était en vue à ce moment-là. Ce soir- là avant de gagner la Carretera Central, nous passâmes l’une de nos plus belles nuits de bivouac sur la trace, à 4500 m d’altitude, sous un ciel étoilé promesse d’une nuit plus que fraîche sous la tente, seuls et bienheureux, à déguster des pâtes chinoises et à regarder le bel Emile Hirsch dans son voyage initiatique en Alaska…

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Le lendemain matin, une bonne heure fut nécessaire pour ôter l’épaisse couche de gel qui trônait sur nos tentes… Nous avons entamé la descente pour rejoindre la Carretera Central… S’en suivirent 5 kilomètres terribles sur cette route de l’enfer… Des bus fous qui doublaient sans aucune visibilité, le franchissement de deux tunnels non éclairés, un trafic effroyable… Bref, un enfer pour toute personne se déplaçant à bicyclette, imposant sans l’ombre d’une hésitation de faire du stop pour les 12 prochains kilomètres entre Chicla et le croisement pour entamer la dernière portion de PGD. Du fait d’une fréquentation accrue de la route, le stop fut efficace: un camion transportant des ânes nous mena directement au point de chute pour entamer la dernière ligne droite…

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Une petite chapelle, située près d’une mine fut notre demeure pour la nuit, abri idéal pour le vent qui soufflait continuellement et au sein de laquelle nous avons pu dévorer les victuailles achetées à Chicla… Un délice.

Le début de cette dernière portion fut à la hauteur de nos attentes: un premier col dont le franchissement fut doux et agréable, entouré d’une ribambelles de pics qui me donnait presque envie de prendre mon crayon afin de reproduire les contours sur mon cahier tant ils étaient bien individualisés, l’observation fugace d’un tondeur de lamas dans un joli troupeau dans la descente, l’arrivée sur le magnifique lac de Marcapomacocha et fait insolite, de la neige nous accueillant dans le cher village de Yanta à 4600m sous un ciel aussi bleu que le lac… fou!!

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Nous évoluèrent les jours suivants dans un univers minier fortement marqué par la présence de l’Homme, qui dénaturait quelque peu les lieux… Les camions de minerai, nombreux dans le coin, nous couvraient de poussière à chaque croisement mais le trajet, jalonné de bodegas afin que les travailleurs puissent se sustenter, se voulait moins hostile. La pause almuerzo à la bodega Gimena nous marqua: en plus d’un délicieux et revigorant repas, nous y rencontrâmes toute une famille avec la maman, aux traits bien marqués par la dureté de la vie, m’empêchant de lui prêter le moindre âge, le père, souriant et bienveillant, et trois de leurs filles dont une avait un petit bout de chou répondant au prénom de Nicolas, emmitouflé dans des épaisseurs de laine nécessaires à cette altitude… Un beau moment de partage que ce repas… Après cette belle pause et le franchissement de trois cols à plus de 4700m, le ciel a commencé à nettement s’assombrir, ne laissant rien augurer de bon, et le jour déclinant, le froid commençant à envahir nos corps, nous étions en quête d’un endroit pour dormir…

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Or, rien ne semblait convenir… Nous avons ainsi poursuivi la route, arrivant dans une vallée impressionnante, inhospitalière au possible, entourée de sommets plus effrayants les uns que les autres… Au loin, un toit rouge semblait se dessiner toutefois, rendant nos cœurs un peu plus légers… Nous pensions tenir notre abri pour la nuit… Mais une vieille bergère, rebaptisée «la Noireaude» par Vincent à cause de la couleur de ses dents se fondant avec son visage, habitant au dessus de la cabane ne semblait pas aussi enthousiaste que nous à l’idée de nous laisser dormir là. Bien que Vincent ait tenté de parler un instant avec elle afin de savoir si nous pouvions passer la nuit ici, elle prit ses jambes à son coup et s’engouffra dans le trou qui menait à la maison de l’autre côté de la vallée, le propriétaire de la grange, craignant que ne nous soyons de vulgaires voleurs de sacs de sel… Don Marcello arriva donc le pas décidé et le souffle court quelques instants plus tard, tout en sueur, d’abord méfiant puis rapidement rassuré en voyant nos mines de cyclistes, nous montrant avec un sourire le pistolet qu’il avait glissé au niveau de son ceinturon… Les supposés voleurs étaient ainsi devenus les invités de sa maison, afin d’y partager en compagnie de sa femme un cafecito, du fromage frais maison exquis, du riz au lait accompagné de chicha… Nous étions tous ensemble dans cette petite pièce à nous réchauffer et à écouter les sages paroles de Don Marcello nous confiant que de nombreux voleurs venant des villes n’hésitaient pas à venir en mobylette dérober du bétail dans ces contrées pourtant si reculées.

Nous regagnâmes ensuite notre abri pour la nuit, et le lendemain matin, ce fut autour d’un délicieux petit déjeuner composé de petites pommes de terres et de fromage que nous leur fîmes nos adieux… Une belle rencontre, une fois de plus. Le col que nous devions franchir pour atteindre Parquin fut difficile, nous faisant évoluer sur un terrain accidenté, avec des chemins fortement abîmés par les glissements de terrain… Les pommes de terres du petit-déjeuner à l’index glycémique faible furent donc les bienvenues pour venir à bout de ce col exigeant.

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Le moment de la descente était venu: alors que les garçons s’envolaient vers Parquin, je restais plus prudente, plus en retrait comme à mon habitude, sur ce terrain périlleuse et aérien, semé de cailloux. Nous trouvâmes refuge ce soir là au poste de santé de Parquin, tenu par Erika, la charmante infirmière et Don Luis, le factoto des lieux. Les visages des habitants ici étaient naturellement beaux, tous marqués par des sourires plus francs les uns que les autres… Nous étions encore une fois sous le charme. La chaleur humaine dégagée au sein de ce centre de santé palliait sans aucun souci au manque évident de moyens matériels. Le système D, comme dans de nombreux endroits au Pérou, semblait fonctionner inéluctablement.

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Le lendemain matin, après une séance photos émouvante devant le poste, nous avons repris la route vers Picoy et son église oh combien charmante et colorée, avons fait le plein de «powerade» chez une épicière quelque peu surprenante qui, atteinte d’une logorrhée désarmante, réussit en 5 petites minutes à faire l’apologie de Keiko, à nous inviter à la fête de la vierge Marie qui avait lieu cet après midi dans le village, estimant qu’une potentielle absence de notre part signerait un lien avec d’éventuels groupes terroristes… Nous quittâmes à vive allure cette femme un brin gagnée par la folie pour nous rendre, après une côte plus qu’exigeante de 3 kilomètres, au sublime village de Huancahuasi, dont les murs des maisons étaient remplis de fresques devant lesquels les anciens observaient sagement les va et vient dans le village…

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Les thermes de Huancahuasi nous attendaient quelques centaines de mètres plus haut, synonyme de bien être et de douche (la précédente remontait à plus de 8 jours… mais chut…), les garçons y sont même allés tout habillés pour faire «d’une pierre deux coup» !!

La séance détente aux eaux thermales suivie d’une dégustation de trucha et de muna n’étaient vraisemblablement pas la combinaison gagnante pour que l’après-midi pédalage se passe le mieux possible. La montée sur Rapaz fut fatale, malgré un canyon traversé époustouflant… J’étais épuisée en arrivant au village qui, situé sur le flanc de falaise, venait d’être envahi par la brume de fin de journée… L’accueil fut mitigé, pas de place ni à la municipalité ni au poste de santé pour nous, auberges à des prix complètement différents de ce que nous avions pu rencontrer jusqu’alors mais tout vient à point chez celui qui sait attendre… La minuscule auberge de Dona Maria, une maminette si touchante, fut notre demeure pour la nuit, pour seulement 10 soles… Nous prîmes avec elle une délicieuse aguita dans sa jolie cuisine où la vaisselle était suspendue sur tous les murs… Elle nous offrit de la muna, récoltée sur les hauteurs de Rapaz, excellente en infusion pour traiter les toux sèches comme la mienne car «Ce n’est pas parce qu’elle est Docteur qu’elle ne va pas mourir» nous a t-elle dit!!!

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Requinqués par cette belle rencontre, nous étions fin prêts à nous rendre au sommet de l’Abra Rapaz qui devait être notre dernier col à 4900m… Oyon, première ville depuis Huancavelica, où les exploitations de charbon foisonnaient avec leurs mineurs poussant les chariots remplis de minerais, pour s’engouffrer dans les profondeurs de la mine, était située dans la vallée suivante. Sans trop s’appesantir sur Oyon qui n’en vaut pas franchement pas la peine, les deux jours de repos pris sur place nous permirent d’y faire le plein de Kékés, de burgers pour les garçons, de petits légumes pour moi et d’y apprendre de belles nouvelles comme la naissance prochaine de l’enfant de Claire et Nico.

Après Oyon, le cap vers Cajatambo avait été fixé. La Cordillère Huayhuash, fascinante, lieu de l’intrigue du célèbre livre de Joe Simpson, «La mort suspendue» se rapprochait sensiblement. Le désir d’y randonner quelques jours était maximal, sauf que Vincent et moi étions dépourvus de sacs de randonnées…

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